Petite histoire de la fraise

Du latin Fragaria (« fragrance ») vesca, fraisier des bois


Les prémices : fraise sauvage et culture en potager

Déjà, les Romains appréciaient les fraises pour leurs vertus thérapeutiques. Mais il s’agissait alors de fraises sauvages ; ni eux ni les Grecs n’en firent la culture. C’est au Moyen-Age que l’on commença à planter des fraisiers dans les jardins, comme ce fut le cas, en 1368, dans les Jardins du Louvre à Paris.


Au XVIIe siècle, Louis XIV, très friand de fraises, se faisait servir dès le mois de mars les fraises que La Quintinie, "directeur de tous les jardins fruitiers et potagers du roi", faisait pousser à Versailles.


A l’époque, on cite 4 variétés de fraises : la rouge, la blanche, la jaune fraise des bois et la capron.

Cependant, dès le XVIe siècle, des fraisiers canadiens arrivèrent en France sur les bateaux de Jacques Cartier. A partir de 1629, le fraisier de Virginie, rapporté du Nouveau Monde, fut introduit massivement en France par la Provence. Un botaniste d’Aix-en-Provence en répandit ensuite la culture, d’abord au Jardin des Plantes à Paris, puis dans les potagers de France, où il prit le nom de fraisier écarlate.


La culture dite "de production"

Au début du XVIIIe siècle, un ingénieur du roi et capitaine au nom prédétestiné, Amédée-François Frézier, découvrit lors d’un voyage au Chili des plants de fraisier, cultivés par les espagnols, donnant des fruits "gros comme des noix, quelquefois comme des œufs de poule, rouge pâle, avec une chair ferme à l’arôme délicat".


Il ramena ainsi cinq plants de Fragaria Chiloensis (blanches du Chili), les seuls ayant subsisté au voyage de retour… Mais ne présentant pas d’étamines, ils ne purent fructifier seuls. Cependant, cultivée au Museum d’histoire naturelle de Paris, l’espèce put être croisée et répandue. Elle donna les fraisiers Victoria, Troloppe et Rubis, et surtout Ananas (en croisement avec le fraisier de Virginie), nommé ainsi à cause du parfum de ses fraises, et duquel découle les variétés à gros fruits cultivées aujourd’hui.

Le travail de Duchesne, collectionneur de fraisiers à Versailles, repris par Duhamel de Monceau, permirent d’établir les bases des connaissances sur la fraise.


Les fraisiers mentionnés dans les écrits du XVIIIe siècle sont le fraisier des quatre saisons, le fraisier capron, la breslingue, la fraise vineuse, le fraisier de Versailles, le fraisier-buisson et le fraisier fressant, auxquels s’ajoutent le fraisier de Caroline, l’écarlate de Bath et le fraisier coucou, une espèce stérile singulière.


Le XIXe siècle voit apparaître de nouvelles variétés : la Marmotte, la France, la Saint-Joseph, première variété remontante à gros fruits à être cultivée, et ce en particulier par le jardinier en chef du Trianon, dès 1764. Puis, au début du XIXe furent découvertes la Gaillon et la Gaillon à fruits blancs.

Les fraises, à cette époque, étaient majoritairement cultivées en région parisienne pour nourrir la population, puis elles se diffusèrent (Orléannais, Périgord). Les fraises étaient acheminées vers Paris par wagons entiers, quotidiennement, d’abord depuis Hyères, puis depuis Carpentras.

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