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Le marché de la fraise en France
Les chiffres de la production et des échanges
Sources : Eurostat, CTIFL et douanes françaises
• L’Europe a produit environ 1 million de tonnes de fraises, l’Espagne se plaçant en tête des pays producteurs avec 264 000 tonnes
• La France a produit 47 000 tonnes de fraises, chiffre en baisse de 5% par rapport à 2006
• Les exportations ont chuté de 34%, passant à 22 000 tonnes, dont 29% vers l’Allemagne et 19% vers l’Italie
• Les importations sont également en baisse, de 10%, avec près de 100 000 tonnes, provenant à 75% de l’Espagne
Les données de la consommation en France
Source : TNS Worldpanel
• La part représentée par les fraises dans la vente française de fruits atteint en moyenne 7%
• 73% des foyers achètent des fraises, et en consomment en moyenne 2,6 kg annuellement
• Le marché redevient dynamique, en volume (+6%) comme en valeur (+9,8%), après une année 2006 en baisse
• Il y a une disparité d’évolution selon les variétés. La Gariguette, plus gros segment (22% des ventes), subit toujours une baisse de ses ventes, notamment en volume. Les autres variétés progressent très fortement (+13,94%) et valorisent le marché
Une sélection d'articles parus dans la Presse
Petite histoire de la fraise
Du latin Fragaria (« fragrance ») vesca, fraisier des bois
Les prémices : fraise sauvage et culture en potager
Déjà, les Romains appréciaient les fraises pour leurs vertus thérapeutiques. Mais il s’agissait alors de fraises sauvages ; ni eux ni les Grecs n’en firent la culture. C’est au Moyen-Age que l’on commença à planter des fraisiers dans les jardins, comme ce fut le cas, en 1368, dans les Jardins du Louvre à Paris.
Au XVIIe siècle, Louis XIV, très friand de fraises, se faisait servir dès le mois de mars les fraises que La Quintinie, "directeur de tous les jardins fruitiers et potagers du roi", faisait pousser à Versailles.
A l’époque, on cite 4 variétés de fraises : la rouge, la blanche, la jaune fraise des bois et la capron.
Cependant, dès le XVIe siècle, des fraisiers canadiens arrivèrent en France sur les bateaux de Jacques Cartier. A partir de 1629, le fraisier de Virginie, rapporté du Nouveau Monde, fut introduit massivement en France par la Provence. Un botaniste d’Aix-en-Provence en répandit ensuite la culture, d’abord au Jardin des Plantes à Paris, puis dans les potagers de France, où il prit le nom de fraisier écarlate.
La culture dite "de production"
Au début du XVIIIe siècle, un ingénieur du roi et capitaine au nom prédétestiné, Amédée-François Frézier, découvrit lors d’un voyage au Chili des plants de fraisier, cultivés par les espagnols, donnant des fruits "gros comme des noix, quelquefois comme des œufs de poule, rouge pâle, avec une chair ferme à l’arôme délicat".
Il ramena ainsi cinq plants de Fragaria Chiloensis (blanches du Chili), les seuls ayant subsisté au voyage de retour… Mais ne présentant pas d’étamines, ils ne purent fructifier seuls. Cependant, cultivée au Museum d’histoire naturelle de Paris, l’espèce put être croisée et répandue. Elle donna les fraisiers Victoria, Troloppe et Rubis, et surtout Ananas (en croisement avec le fraisier de Virginie), nommé ainsi à cause du parfum de ses fraises, et duquel découle les variétés à gros fruits cultivées aujourd’hui.
Le travail de Duchesne, collectionneur de fraisiers à Versailles, repris par Duhamel de Monceau, permirent d’établir les bases des connaissances sur la fraise.
Les fraisiers mentionnés dans les écrits du XVIIIe siècle sont le fraisier des quatre saisons, le fraisier capron, la breslingue, la fraise vineuse, le fraisier de Versailles, le fraisier-buisson et le fraisier fressant, auxquels s’ajoutent le fraisier de Caroline, l’écarlate de Bath et le fraisier coucou, une espèce stérile singulière.
Le XIXe siècle voit apparaître de nouvelles variétés : la Marmotte, la France, la Saint-Joseph, première variété remontante à gros fruits à être cultivée, et ce en particulier par le jardinier en chef du Trianon, dès 1764. Puis, au début du XIXe furent découvertes la Gaillon et la Gaillon à fruits blancs.
Les fraises, à cette époque, étaient majoritairement cultivées en région parisienne pour nourrir la population, puis elles se diffusèrent (Orléannais, Périgord). Les fraises étaient acheminées vers Paris par wagons entiers, quotidiennement, d’abord depuis Hyères, puis depuis Carpentras.
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La fraise dans le Lot-et-Garonne
La fraise est cultivée dans le Lot-et-Garonne depuis au moins le XVème. En effet, des “ carreaux de fraisiers ” sont implantés dans la commanderie de Temple de Breuil en Agenais (Temple/Lot), sous Louis XI et Charles VIII comme en atteste « Le livre de raison » de Bernard Gros, le commandeur.
Lorsque le 28 mai 1622, Louis XIII passe à Marmande il “ déjeune au jardin de Delage ”. Le journal de son médecin, Jean Heroard, précise qu’on lui sert un souper à base de fraises. Le soir, à l’hostellerie des “ Trois Mores ”, son repas débute par des fraises au vin et au sucre puis finit par divers desserts dont une tourte à la crème et aux fraises.
La fraise est donc bien enracinée dans les jardins mais destinée à une consommation locale car les statistiques agricoles ne la prennent pas en compte.
Il faudra attendre la deuxième moitié du XIXème siècle pour retrouver sa trace. En 1865, M. Clément LAUZE, pépiniériste à Agen, peut écrire dans “ Le Cultivateur Agenais ” : « L’accroissement considérable que prend chaque jour la consommation de fraises nous fait croire que les lecteurs seront bien avisés d’avoir quelques renseignements sur la culture du fraisier qui a été jusqu’ici un peu négligée. Dans les cultures qui sont aux environs d’Agen on trouve deux variétés de fraises assez estimées : celle qui est cultivée le plus en grand est la fraise des bois perfectionnée dite fraise commune, on ne trouve que dans quelques rares exploitations la fraises des quatre saisons (Article « L’histoire de la fraise dans le Lot-et-Garonne » par A.Silvestro).
La fraise est donc déjà bien installée et elle va continuer à se développer. Pour répondre à l’intérêt des producteurs, plusieurs articles sur les techniques de cultures paraissent dans les journaux agricoles locaux. Cependant, d’après des articles de 1900, le développement tourne court. L’inadaptation de l’offre (les variétés produites ne sont pas celles que recherchaient le consommateur de l’époque) ainsi qu’un manque de main d’œuvre à l’époque, font partie des facteurs de cette régression.
En agenais, la fraise s’est endormie pendant plusieurs années. Après la seconde guerre mondiale, la production reste longtemps discrète. D’après les statistiques agricoles de l’époque, elle est inférieure à 50 tonnes jusqu’en 1955 et dépasse 100 tonnes en 1960.
L’année 1969 marque un changement de rythme. La production est brusquement multipliée par 3. La fraise s’insère bien dans les zones du Lot-et-Garonne d’ordinaire consacrée depuis longtemps au maraîchage et à l’arboriculture. Les tonnages augmentent d’année en année et en 1983, le Lot-et-Garonne parvient à devancer la Dordogne et devient ainsi le premier département français producteur de fraise.
Issu du mot latin « fragum » signifiant parfum, la fraise « fragare » tient toutes ses promesses avec les efforts constants des producteurs du Lot et Garonne et leur production de qualité. Six variétés dont Gariguette, mara des bois, aux saveurs et arômes délicieux...
Le Lot-et-Garonne est aujourd'hui le premier département producteur de fraise de France. Avec une superficie de 680 Ha et une production globale de 13 000 tonnes, il représente 25% de la production nationale.





