Marmande, capitale de la tomate

C’est tout le savoir-faire de générations de botanistes et d’agriculteurs qui ont conduit Marmande à son rang glorieux de capitale française de la tomate. Ces hommes et ces femmes ont permis le développement d’une tomate de qualité, d’autant plus gustative qu’elle a toujours su être cueillie à maturité…

L’origine de l’aventure de la tomate de Marmande est la conséquence d’un contexte particulier… En effet, partout en Europe, le phylloxera sévit sur les vignes à partir de 1863. Mais en région marmandaise, l’issue trouvée à cette maladie ravageuse est singulière : les viticulteurs se tournent vers la production de tomates !

Et pour cause… D’une part, même si le remède au phylloxera est rapidement trouvé, il est inconcevable d'attendre la première récolte des nouveaux ceps, soit plusieurs années. D’autre part, la tomate est déjà connue dans la région.
Ici on entretient des liens forts, intellectuels comme commerciaux, avec l’Italie : prélude à ces relations, le diocèse est gouverné entre 1476 et 1586 par des évêques italiens accompagnés d’artistes et de notables. Il est donc à supposer que dès le XVIe siècle, la tomate est importée dans la région par des passionnés de botanique grâce à des échanges avec leurs homologues italiens. Mais jusqu’à cet "épisode", la tomate ne se rencontre que dans les potagers. 

Il ne manquait plus que le "coup de pouce"… La providentielle reconversion est initiée par un horticulteur-pépiniériste marmandais : Pierre Gautriaud. Ce dernier constate qu’en repiquant ses plants de tomate rampante, il peut obtenir une tomate de qualité supérieure et qui supporte le transport. La production "commerciale" de tomates est dès lors amorcée.

En 1869, le journal "Le  cultivateur agenais" écrit : "La culture de la tomate, devenue si lucrative pour nos contrées, prend chaque jour de l’extension, dans nos potagers." Depuis, la "pomme d’amour", comme elle fut renommée selon la légende locale, y est cultivée avec amour, et un soin quotidien.

En savoir plus
http://www.mairie-marmande.fr/fr/tomate/legende.htm

En 1885, un important commerce d'expédition est mis en place par le neveu de Pierre Gautriaud depuis Marmande, par chemin de fer. Les tomates partent en nombre vers Paris et la province et vers la Grande Bretagne, mais aussi vers les conserveries, pour "prolonger la saison".

Dès 1910, conscients de la nécessité d’arriver tôt sur les marchés de consommation, les producteurs marmandais ont recours à des variétés dites "hâtives" : la Merveille des Marchés, incontournable, la Reine des Hâtives, la Perfection, la Pondorosa Ecarlate. Ce serait par hybridation naturelle que la Merveille des marchés, la Pondorosa et la Mikado auraient donné naissance, après adaptation au climat et au sol, à la "Tomate de Marmande" !

Pendant la première guerre, qui voit temporairement s’affaiblir les affaires, les rênes de l'exploitation Gautriaud passent à M. Drouilhet, jusque là contremaître de la famille. La tomate de Marmande connaît alors des mandataires de renom.

En 1931, la marque d’origine "Tomate de Marmande" est déposée par la coopérative "La Marmande" tout juste créée par des producteurs.

En 1954, le maire de Marmande et son adjoint créent un marché de gros, afin de professionnaliser le commerce de la tomate. Son succès est tel qu’il engendre la création d’un "Complexe agricole", qui réunit un "carreau" de producteurs, des bureaux, des négociants, des SICA (Sociétés d'Intérêt Collectif Agricole) et des usines qui relaient la production de la tomate.

En 1955, c'est un Syndicat interprofessionnel de la tomate de Marmande qui est créé : il vise lui à créer une tomate "sous label".

En 1965, le marché de gros de Marmande va alors commercialiser 80% de la production du Lot-et-Garonne !

En 1974, priorité est donnée à une meilleure maîtrise du marché. Les producteurs créent la CADRAM, une coopérative disposant d'un système de ventes au cadran, dégressives, comme il s'en créera 4 au total dans le département. La CADRAM, bien équipée techniquement, permet d’accroître d’année en année la productivité et donc le tonnage commercialisé. Marmande va même exporter en Espagne et en Italie !

En 1987, la tomate de Marmande se médiatise, et apparaît à tout le pays comme une "tomate super star".

La région connaît ensuite quelques difficultés, dues à la concurrence et aux intempéries. Mais 1994 est une année de réaction : la connexion du marché au cadran de Marmande avec les 3 autres marchés départementaux va désormais présenter un avantage substantiel sur le marché national des fruits et légumes. Et l’année suivante voit la naissance d’un ensemble de 15 hectares de serres. Il est destiné à créer un éco-système unique et une certification "zéro traitement".
C'est le début de l'aventure Rougeline…

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La fraise dans le Lot-et-Garonne

La fraise est cultivée dans le Lot-et-Garonne depuis au moins le XVème. En effet, des “ carreaux de fraisiers ” sont implantés dans la commanderie de Temple de Breuil en Agenais (Temple/Lot), sous Louis XI et Charles VIII comme en atteste « Le livre de raison » de Bernard Gros, le commandeur.


Lorsque le 28 mai 1622, Louis XIII passe à Marmande il “ déjeune au jardin de Delage ”. Le journal de son médecin, Jean Heroard, précise qu’on lui sert un souper à base de fraises. Le soir, à l’hostellerie des “ Trois Mores ”, son repas débute par des fraises au vin et au sucre puis finit par divers desserts dont une tourte à la crème et aux fraises.


La fraise est donc bien enracinée dans les jardins mais destinée à une consommation locale car les statistiques agricoles ne la prennent pas en compte.


Il faudra attendre la deuxième moitié du XIXème siècle pour retrouver sa trace. En 1865, M. Clément LAUZE, pépiniériste à Agen, peut écrire dans “ Le Cultivateur Agenais ” : « L’accroissement considérable que prend chaque jour la consommation de fraises nous fait croire que les lecteurs seront bien avisés d’avoir quelques renseignements sur la culture du fraisier qui a été jusqu’ici un peu négligée. Dans les cultures qui sont aux environs d’Agen on trouve deux variétés de fraises assez estimées : celle qui est cultivée le plus en grand est la fraise des bois perfectionnée dite fraise commune, on ne trouve que dans quelques rares exploitations la fraises des quatre saisons (Article « L’histoire de la fraise dans le Lot-et-Garonne » par A.Silvestro).


La fraise est donc déjà bien installée et elle va continuer à se développer. Pour répondre à l’intérêt des producteurs, plusieurs articles sur les techniques de cultures paraissent dans les journaux agricoles locaux. Cependant, d’après des articles de 1900, le développement tourne court. L’inadaptation de l’offre (les variétés produites ne sont pas celles que recherchaient le consommateur de l’époque) ainsi qu’un manque de main d’œuvre à l’époque, font partie des facteurs de cette régression.


En agenais, la fraise s’est endormie pendant plusieurs années. Après la seconde guerre mondiale, la production reste longtemps discrète. D’après les statistiques agricoles de l’époque, elle est inférieure à 50 tonnes jusqu’en 1955 et dépasse 100 tonnes en 1960.


L’année 1969 marque un changement de rythme. La production est brusquement multipliée par 3. La fraise s’insère bien dans les zones du Lot-et-Garonne d’ordinaire consacrée depuis longtemps au maraîchage et à l’arboriculture. Les tonnages augmentent d’année en année et en 1983, le Lot-et-Garonne parvient à devancer la Dordogne et devient ainsi le premier département français producteur de fraise.
Issu du mot latin « fragum » signifiant parfum, la fraise « fragare » tient toutes ses promesses avec les efforts constants des producteurs du Lot et Garonne et leur production de qualité. Six variétés dont Gariguette, mara des bois, aux saveurs et arômes délicieux...

Le Lot-et-Garonne est aujourd'hui le premier département producteur de fraise de France. Avec une superficie de 680 Ha et une production globale de 13 000 tonnes, il représente 25% de la production nationale.

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